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Reliure dos Cuir - Après le feu, Henri Frémont, 1929 - guerre 1914-1918

Après le feu, Henri Frémont, 1929  - Lettre-préface de Raymond Poincaré, de l'Académie Française - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. 

La rentrée au pays - "On touchait à la fin d'octobre 1919. Catherine Gerbois et sa fille Jeanne, qui avaient quitté le village meusien de Ménicourt en Septembre 1914, y revenaient après un peu plus de cinq ans d'absence. 

Descendues à la station de Cumières-Chattancourt, elles suivaient maintenant la route de Chattancourt à Montzéville. En moins d'une heure de marche, elles seraient à l'entrée du village de Ménicourt. Catherine Gerbois et Jeanne étaient encombrées de paniers et de paquets. Les paniers, trop gros, trop bourrés, étaient maintenus fermés par de mauvais ficelles. le papier gris ou de journal des paquets se trouvait déchiré en plus d'un endroit, et, par les trous, on apercevait l'étoffe noire d'une jupe ou le talon d'une bottine. 

Catherine, femme d'une cinquantaine d'années, aux temps grisonnantes, marchait en soufflant un peu. Jeanne, sa fille, brune aux yeux profonds, accusait vingt ans au plus. (...)  Mère et fille marchaient tête basse. Une petite côte se présenta et elles l'attaquèrent bravement. 

Parvenue en haut, Catherine s'"arrêta, posa des paquets à terre et, désignant la plaine qui se découvrait, elle dit:

- Ici, il y avait un petit boqueteau. Regardez Jeanne dans quel état qu'ils l'ont mis. C'est-il Dieu possible! La cahute du cantonnier, où est-elle? Qui 'est-ce que c'est aussi que cette tranchée qui coupe en deux le beau pré des Alloyaux... Et ces fils de fer et ces trous ? Il n'y a plus rien de propre... Tout est saccagé, déchiré... Voilà ce que la guerre a fait... et ça, bien entendu, sans compter tout le reste... sans compter tout ce qu'on a vu et tout ce qu'on verra encore..."

Editions Librairie Plon 1929. #Henri Frémont, #guerre 14-18, #roman de guerre, #combats guerre 1914-1918, #soldats guerre 1914-1918, 

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Description

Après le feu, Henri Frémont, 1929  - Lettre-préface de Raymond Poincaré, de l'Académie Française - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. Fait partie d'une collection d'une quarantaine de romans reliés avec dos en cuir fin.

La rentrée au pays - "On touchait à la fin d'octobre 1919. Catherine Gerbois et sa fille Jeanne, qui avaient quitté le village meusien de Ménicourt en Septembre 1914, y revenaient après un peu plus de cinq ans d'absence. 

Descendues à la station de Cumières-Chattancourt, elles suivaient maintenant la route de Chattancourt à Montzéville. En moins d'une heure de marche, elles seraient à l'entrée du village de Ménicourt. Catherine Gerbois et Jeanne étaient encombrées de paniers et de paquets. Les paniers, trop gros, trop bourrés, étaient maintenus fermés par de mauvais ficelles. le papier gris ou de journal des paquets se trouvait déchiré en plus d'un endroit, et, par les trous, on apercevait l'étoffe noire d'une jupe ou le talon d'une bottine. 

Catherine, femme d'une cinquantaine d'années, aux temps grisonnantes, marchait en soufflant un peu. Jeanne, sa fille, brune aux yeux profonds, accusait vingt ans au plus. 

On devinait que ces deux voyageuses revenaient de loin. On le devinait à l'importance et à l'état des paquets qu'elles portaient. On aurait encore pu l'affirmer à cet air général de lassitude que présente tout voyageur qui a passé une nuit en chemin de fer. 

De temps à autre, Catherine et Jeanne s'arrêtaient pour reprendre haleine: paniers et paquets leur coupaient bras et doigts. 

- Il faudra revenir demain ou après-demain reprendre nos autres colis à la gare... dit soudain la mère. Elle est bien honnête cette femme du chef de gare d'avoir accepté de les garder dans un coin de son bureau, mais il ne faut pas abuser de la bonté des gens. 

Jeanne acquiesça et émit l'avis que peut-être une occasion se présenterait de les faire prendre. 

- Il faudra encore surveiller, reprit la mère, le moment où notre buffet, le lit, nos chaises, la commode et nos quatre caisses arriveront de Saint-Jean-des-Flots. Je ne sais pas si on sera averti. Il faut que je demande. 

Puis ce fut le silence. Mère et fille marchaient tête basse. Une petite côte se présenta et elles l'attaquèrent bravement. 

Parvenue en haut, Catherine s'"arrêta, posa des paquets à terre et, désignant la plaine qui se découvrait, elle dit:

- Ici, il y avait un petit boqueteau. Regardez Jeanne dans quel état qu'ils l'ont mis. C'est-il Dieu possible! La cahute du cantonnier, où est-elle? Qui 'est-ce que c'est aussi que cette tranchée qui coupe en deux le beau pré des Alloyaux... Et ces fils de fer et ces trous ? Il n'y a plus rien de propre... Tout est saccagé, déchiré... Voilà ce que la guerre a fait... et ça, bien entendu, sans compter tout le reste... sans compter tout ce qu'on a vu et tout ce qu'on verra encore..."

Editions Librairie Plon 1929. #Henri Frémont, #guerre 14-18, #roman de guerre, #combats guerre 1914-1918, #soldats guerre 1914-1918, 

Description : livre relié, plats de couverture toilés, dos en cuir en cuir fin avec titrage doré, format 18,5 cm x 12 cm, 248 pages. état moyen, des rousseurs d'acidité. Une feuille "libre" d'attache. Ancien livre d'une bibliothèque disparue, avec tampon sur la page de titre et numéro frappé en doré sur le dos de couverture.

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