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Reliure dos Cuir - Lalita, Armando Palacio-Valdès, 1929 - écrivain espagnol,

Lalita, Armando Palacio-Valdès, de l'Académie royale d'Espagne  - roman traduit de l'espagnol par Mme Tissier de Mallerais -

"La ville, à ces premières heures du matin, retrouve comme un air de virginité. Madrid a un réveil d'enfant innocente et heureuse, une enfant dont le cœur serait rempli d'illusions et de promesses. Elle recommence à vivre paresseusement avec un sourire, sans pensées, sans craintes. A l'intérieur des maison encore closes, les concupiscences sommeillent. Dans les rues où l'humidité nocturne s'évapore, on ne rencontre que les porteurs de pain et de lait, et aussi quelques ouvriers qui, à pas pressés, se rendent au travail. Une fenêtre s'ouvre avec un léger grincement, et une servante passe sa tête décoiffée aux yeux bouffis de sommeil. 

C'est une paix somnolente, un réveil en bonne santé, paisible et sans fièvre. 

Le tramway m'a déposé à la limite même du parc qui s'étend à mes pieds comme une masse verdoyante sur laquelle flottent, tels de légers voiles de gaze, les vapeurs de la brume. Descendant par l'allée ombragée qui côtoie l'asile de Sainte-Christine, je passe devant l'Ecole d'agriculture pour pousser jusqu'au Cano Gordo où je me repose un moment. Ces jardinets, avec leurs massifs d'arbustes, ces petits bassins réguliers où évoluent des poissons rouges et dorés, évoquent à mon esprit le monde aimable et galant du dix-huitième siècle: seigneurs en brillants habits, dames en hautes coiffures, toute une société élégante et frivole éprise de plaisir. Que de marquises à la tête poudrée se sont laissé voler un baiser à l'ombre de ces bosquets ! Et pourtant, nulle n'était plus jolie, peut-être, que cette petite modiste, qui, lorsque j'étais étudiant, se promenait, le dimanche, dans ces jardins. Je vois encore l'endroit où, sous cette même charmille, je la serrai dans mes bras et baisai ses lèvres".." 

Editions Librairie Plon, Les Petits-Fils de Plon et Nourrit 1929. #Madrid 1920, #Espagne, #écrivain espagnol, #littérature espagnole,

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Description

Lalita, Armando Palacio-Valdès, de l'Académie royale d'Espagne  - roman traduit de l'espagnol par Mme Tissier de Mallerais - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. Fait partie d'une collection d'une quarantaine de romans reliés avec dos en cuir fin.

"La ville, à ces premières heures du matin, retrouve comme un air de virginité. Madrid a un réveil d'enfant innocente et heureuse, une enfant dont le cœur serait rempli d'illusions et de promesses. Elle recommence à vivre paresseusement avec un sourire, sans pensées, sans craintes. A l'intérieur des maison encore closes, les concupiscences sommeillent. Dans les rues où l'humidité nocturne s'évapore, on ne rencontre que les porteurs de pain et de lait, et aussi quelques ouvriers qui, à pas pressés, se rendent au travail. Une fenêtre s'ouvre avec un léger grincement, et une servante passe sa tête décoiffée aux yeux bouffis de sommeil. Elle secoue distraitement un tapis, regardant devant elle sans curiosité, sûre qu'elle est de ne rien voir d'intéressant et se retire. 

C'est une paix somnolente, un réveil en bonne santé, paisible et sans fièvre. 

Le tramway m'a déposé à la limite même du parc qui s'étend à mes pieds comme une masse verdoyante sur laquelle flottent, tels de légers voiles de gaze, les vapeurs de la brume. Mais ce n'est pas là que je veux m'arrêter. Les vieux jardins de la Moncloa me plaisent mieux que ce parc banal. Descendant par l'allée ombragée qui côtoie l'asile de Sainte-Christine, je passe devant l'Ecole d'agriculture pour pousser jusqu'au Cano Gordo où je me repose un moment. Ces jardinets, avec leurs massifs d'arbustes, ces petits bassins réguliers où évoluent des poissons rouges et dorés, évoquent à mon esprit le monde aimable et galant du dix-huitième siècle: seigneurs en brillants habits, dames en hautes coiffures, toute une société élégante et frivole éprise de plaisir. Que de marquises à la tête poudrée se sont laissé voler un baiser à l'ombre de ces bosquets ! Et pourtant, nulle n'était plus jolie, peut-être, que cette petite modiste, qui, lorsque j'étais étudiant, se promenait, le dimanche, dans ces jardins. Je vois encore l'endroit où, sous cette même charmille, je la serrai dans mes bras et baisai ses lèvres".." 

Editions Librairie Plon, Les Petits-Fils de Plon et Nourrit 1929. #Madrid 1920, #Espagne, #écrivain espagnol, #littérature espagnole,

Description : livre relié, plats de couverture toilés, dos en cuir en cuir fin avec titrage doré, format 18,5 cm x 12 cm, 300 pages. état moyen, quelques rousseurs. Taches sur la page de titre. Ancien livre d'une bibliothèque disparue, avec tampon sur la page de titre et numéro frappé en doré sur le dos de couverture.

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