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Reliure dos Cuir - Les aveux d'un terroriste, Ernest Daudet, 1913 - Terreur Révolution 1789,

Les aveux d'un terroriste, Ernest Daudet, 1913 - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. 

"Namur 21 juillet 1830. Aujourd'hui, soixante et dixième anniversaire de ma naissance, je commence ce journal de ma vie. Me mettre volontairement en face des souvenirs qui pèsent d'un poids si lourd sur mon âme me semblait au-dessus de mes forces. Mais, impuissant à en libérer ma conscience, je me résigne à les retracer avec l'espoir de la soulager par la spontanéité et la sincérité de mes aveux.

A l'époque où commença la Révolution, j'allais atteindre ma trentième année. (...) je venais de succéder à mon père, Marc Bénodet, dans les fonctions de lieutenant du roi auprès du tribunal du baillage de Toulon, ma ville natale. (...)   Comment expliquer ce démenti cynique donné à mon passé ancestral, si ce n'est par l'influence qu'exercèrent sur moi les idées nouvelles ? Je les embrassai avec une ardeur qui me valut d'être envoyé par mes concitoyens comme député d'abord aux Etats généraux et ensuite à la Convention. Une fois là , je fus emporté par la tourmente. Je devins ainsi l'auteur ou le complice de forfaits dont, malheureusement, d'autres que moi ont été les victimes. (...)

En 1815, au second retour des Bourbons, compris parmi les régicides qui furent alors proscrits, je dus prendre le chemin de l'exil. Il ma conduit à Namur, où je réside depuis quatorze ans, réduit à la société de mon ancien collègue à la Convention, Jérôme Trémont, proscrit comme moi et pour les mêmes causes.

Fougueux terroriste, sa mission à Toulon, en l'an II, a laissé par toute la Provence des souvenirs cruels. La Convention nous avait désignés pour accomplir ensemble, dans ce malheureux pays, la tâche inhumaine qu'elle poursuivait partout et qui consistait à écraser, à l'aide de châtiments terribles, le royalisme séculaire des populations. 

Editions Bernard Grasset éditeur, 61 rue des Saints-Pères 1913. #Ernest Daudet, #Terreur Révolution 1789, #an II révolution, #terreur révolutionnaire, 

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Les aveux d'un terroriste, Ernest Daudet, 1913 - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. Fait partie d'une collection d'une quarantaine de romans reliés en cuir fin.

"Namur 21 juillet 1830. Aujourd'hui, soixante et dixième anniversaire de ma naissance, je commence ce journal de ma vie. Me mettre volontairement en face des souvenirs qui pèsent d'un poids si lourd sur mon âme me semblait au-dessus de mes forces. Mais, impuissant à en libérer ma conscience, je me résigne à les retracer avec l'espoir de la soulager par la spontanéité et la sincérité de mes aveux.

A l'époque où commença la Révolution, j'allais atteindre ma trentième année. Marié depuis cinq ans à une femme aussi digne de vénération par sa vertu que digne d'amour par le charme , père d'une fille dont l'enfance déjà promettait à sa jeunesse de s'épanouir en sagesse et en beauté, je venais de succéder à mon père, Marc Bénodet, dans les fonctions de lieutenant du roi auprès du tribunal du baillage de Toulon, ma ville natale. Pour que mon existence me valût, de la part de mes concitoyens, une considération égale à celle dont il jouissait, il m'eût suffi de suivre son exemple.

Pourquoi ai-je renié les traditions qu'il s'était appliqué à me transmettre et qu'en mourant il croyait à jamais gravées dans mon cœur ? Comment expliquer ce démenti cynique donné à mon passé ancestral, si ce n'est par l'influence qu'exercèrent sur moi les idées nouvelles ? Je les embrassai avec une ardeur qui me valut d'être envoyé par mes concitoyens comme député d'abord aux Etats généraux et ensuite à la Convention. Une fois là , je fus emporté par la tourmente. Je devins ainsi l'auteur ou le complice de forfaits dont, malheureusement, d'autres que moi ont été les victimes. 

J'ai payé de calamités affreuses ma conduite en ces temps néfastes. Devenu, pour mes concitoyens, un objet d'horreur, j'ai dû quitter ma ville natale et, pour me faire oublier, aller vivre ignoré à Pairs. (...) En 1815, au second retour des Bourbons, compris parmi les régicides qui furent alors proscrits, je dus prendre le chemin de l'exil. Il ma conduit à Namur, où je réside depuis quatorze ans, réduit à la société de mon ancien collègue à la Convention, Jérôme Trémont, proscrit comme moi et pour les mêmes causes.

Fougueux terroriste, sa mission à Toulon, en l'an II, a laissé par toute la Provence des souvenirs cruels. La Convention nous avait désignés pour accomplir ensemble, dans ce malheureux pays, la tâche inhumaine qu'elle poursuivait partout et qui consistait à écraser, à l'aide de châtiments terribles, le royalisme séculaire des populations. En ces circonstances, Trémont a été mon mauvais génie. Encore plus implacable contre mes compatriotes que je ne l'étais, il étouffa sous l'effroi qu'il m'inspirait les velléités d'indulgence auxquelles j'aurais cédé parfois, s'il n'eût été présent et si sa surveillance soupçonneuse ne se fût exercée sur moi."

Editions Bernard Grasset éditeur, 61 rue des Saints-Pères 1913. #Ernest Daudet, #Terreur Révolution 1789, #an II révolution, #terreur révolutionnaire,  reliure cuir, 

Description : livre relié, plats de couverture toilés, dos en cuir en cuir fin avec titrage doré, format 18,5 cm x 12 cm, 287 pages. état moyen  Quelques taches d'acidité et rousseurs. sur certaines pages, et de grosses taches sur deux pages.  Ancien livre d'une bibliothèque disparue, avec tampon sur la page de titre et numéro frappé en doré sur le dos de couverture.

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