Catégories

Contes à Ninon, et Nouveaux Contes à Ninon, Emile Zola, 1927 - reliure plein cuir, collection Oeuvres complètes d'Emile Zola

Contes à Ninon, et Nouveaux Contes à Ninon, Emile Zola, 1927 - reliure plein cuir, collection Oeuvres complètes d'Emile Zola

Contes à Ninon, et Nouveaux Contes à Ninon, Emile Zola - très belle reliure ancienne plein cuir, Edition numérotée  

 Le Paradis des Chats : Une tante m'a légué un chat d'Angora qui est bien la bête la plus stupide que je connaisse. Voici ce que mon chat m'a conté, un soir d'hiver, devant les cendres chaudes. 

J'avais alors deux ans, et j'étais bien le chat le plus gras et le plus naïf qu'on pût voir. A cet âge tendre, je montais encore toute la présomption d'un animal qui dédaigne les douceurs du foyer. Et pourtant que de remerciement je devais à la Providence pour m'avoir placé chez votre tante! La brave femme m'adorait. J'avais, au fond d'une armoire, une véritable chambre à coucher, coussin de plume et triple couverture. La nourriture valait le coucher; jamais de pain, jamais de soupe, rien que de la viande, de la bonne viande saignante. 

Eh bien! au milieu de ces douceurs, je n'avais qu'un désir, qu'un rêve, me glisser par la fenêtre entr'ouverte et me sauver sur les toits. Les caresses me semblaient fades, la mollesse de mon lit me donnait des nausées, j'étais gras à m'en écœurer moi-même. Et je m'ennuyais tout le long de la journée à être heureux. 

Il faut vous dire qu'en allongeant le cou, 'j'avais vu de la fenêtre le toit d'en face. Quatre chats, ce jour-là, s'y battaient, le poil hérissé, la queue haute, se roulant sur les ardoises bleues, au grand soleil, avec des jurements de joie. Jamais je n'avais contemplé un spectacle si extraordinaire. Dès lors, mes croyances furent fixées. Le véritable bonheur était sur ce toit, derrière cette fenêtre qu'on fermait si soigneusement.. 

Il devait y avoir dans la vie autre chose que de la chair saignante. C'était là l'inconnu, l'idéal. Un jour, on oublia de pousser la fenêtre de la cuisine. Je sautai sur un petit toit qui se trouvait au-dessous."

Typographie François Bernouard, 73 rue des Saints-Pères Paris, 1927. #Emile Zola, #contes XIXe siècle, #Denise Le Blond-Zola, 

Lire la suiteShow less
12,00 € TTC
Référence:
12258
Aimer0
Ajouter à la comparaison0
Ajouter à la liste de souhaits
Description

Contes à Ninon, et Nouveaux Contes à Ninon, Emile Zola - très belle reliure ancienne plein cuir - Edition numérotée 4142 sur 5000, sur papier Vergé - Collection Les Œuvres complètes d'Emile Zola - précédés d'une Vie de l'Auteur par Denise Le Blond-Zola - texte de l'édition Eugène Fasquelle - Cet exemplaire fait partie d'une collection de livres avec la même reliure plein cuir.

Nouveaux Contes à Ninon, Le Paradis des Chats : Une tante m'a légué un chat d'Angora qui est bien la bête la plus stupide que je connaisse. Voici ce que mon chat m'a conté, un soir d'hiver, devant les cendres chaudes. 

J'avais alors deux ans, et j'étais bien le chat le plus gras et le plus naïf qu'on pût voir. A cet âge tendre, je montais encore toute la présomption d'un animal qui dédaigne les douceurs du foyer. Et pourtant que de remerciement je devais à la Providence pour m'avoir placé chez votre tante! La brave femme m'adorait. J'avais, au fond d'une armoire, une véritable chambre à coucher, coussin de plume et triple couverture. La nourriture valait le coucher; jamais de pain, jamais de soupe, rien que de la viande, de la bonne viande saignante. 

Eh bien! au milieu de ces douceurs, je n'avais qu'un désir, qu'un rêve, me glisser par la fenêtre entr'ouverte et me sauver sur les toits. Les caresses me semblaient fades, la mollesse de mon lit me donnait des nausées, j'étais gras à m'en écœurer moi-même. Et je m'ennuyais tout le long de la journée à être heureux. 

Il faut vous dire qu'en allongeant le cou, 'j'avais vu de la fenêtre le toit d'en face. Quatre chats, ce jour-là, s'y battaient, le poil hérissé, la queue haute, se roulant sur les ardoises bleues, au grand soleil, avec des jurements de joie. Jamais je n'avais contemplé un spectacle si extraordinaire. Dès lors, mes croyances furent fixées. Le véritable bonheur était sur ce toit, derrière cette fenêtre qu'on fermait si soigneusement. Je me donnais pour preuve qu'on fermait ainsi les portes des armoires, derrière lesquelles on cachait la viande. 

J'arrêtai le projet de m'enfuir, Il devait y avoir dans la vie autre chose que de la chair saignante. C'était là l'inconnu, l'idéal. Un jour, on oublia de pousser la fenêtre de la cuisine. Je sautai sur un petit toit qui se trouvait au-dessous."

Typographie François Bernouard, 73 rue des Saints-Pères Paris, 1927. #Emile Zola, #contes XIXe siècle, #contes Emile Zola, #Zola relié cuir, #reliure ancienne cuir, 

Description : livre relié, couverture en cuir fin, titrage doré, 481 pages, format 22 cm x 15,5 cm. état correct. Le livre n'a pas été lu, et beaucoup de cahiers ne sont pas découronnés. petites griffures superficielles du cuir. petites rousseurs sur la page de garde et page d'avant-titre. 

Lire la suiteShow less
Détails du produit
12258
Avis
Aucun commentaire
80 autres produits dans la même catégorie :
Vous aimerez peut-être aussi

Menu

Créez un compte gratuit pour sauvegarder des articles aimés.

Se connecter

Créez un compte gratuit pour utiliser les listes de souhaits.

Se connecter