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Reliure dos Cuir - Robert Villon, Henri de Noussanne, 1895 - Nouvelles,

Robert Villon, Henri de Noussanne, 1895 -  

Recueil de nouvelles : la soirée des Passajou - Le Colonel Maillard - L'omelette de Pâques - La Toussaint - Je joyeux Dict de Noël - Les grandes manœuvres - Reine Avril - La Messe aux merles - 

"Sur le quai extérieur de la gare de Poitiers, François Bonis allait et venait, attendant. 

Au-dessus de lui, la façade de la gare se découpait toute blanche sur le fond de l'avenue où des platanes dressaient vers le ciel leurs branches dépouillées.

Il regarda l'horloge dont l'énorme cadran venait de s'illuminer, et murmura : 

- Vient tard M. Robert! Sacrebleu! suis parti trop tôt.. 

A ce moment, le soleil caché sous les nuages se démasqua, embrasant l'avenue d'une flambée d'or. François Bonis vit les platanes étinceler dans leur livrée automnale, les vitres rougeoyer, les ardoises se moirer de reflets, et l'horizon occidental roula des flots de pourpre. 

- Oh! Oh! ça saigne! Nous arons de l'eau demain. M. Robert n'aura pas beau temps pour son arrivée. 

Il reporta ses regards autour de lui et, du côté de l'entrée de la cour, aperçut son cheval tirant sur la bride contre la palissade:

- Sacrebleu! où donc est ce sacripant de Sionnet? Baptiste!

Un gars de vingt ans, blouse bleue et chapeau à larges bords, sortit à grands pas d'un cabaret voisin. 

- Tonnerre! Baptiste! Fais attention à la jument!

- Elle ne va pas se détacher, patron...

Et, tandis qu'avec des gestes qui saccadaient sa voix, le maitre continuait de gronder, le domestique, se pressant, rejoignit la voiture. 

Le long du mur, Binis reprit sa promenade. Il songeait. 

On allait donc enfin le revoir, ce Parisien, cet artiste, Robert Villon "Monsieur Robert"; jadis "le petit Robert", le fils du colonel Villon, un brave, celui-ci, sous les ordres duquel Bonis avait servi dans le bon temps. Ils étaient jeunes alors; on se battait là-bas, en Algérie. On ne craignait ni Dieu ni diable Ah! cette armée d'Afrique!

Editions Libraie de Firmin-Didot et Cie ( 1895) -. #Nouvelles de Henri de Noussanne,, 

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Robert Villon, Henri de Noussanne, 1895 -  Collection Bibliothèque des Mères de Famille - Belle reliure ancienne dos cuir, titrage doré. Fait partie d'une collection de romans reliés avec dos en cuir. 

Recueil de nouvelles : la soirée des Passajou - Le Colonel Maillard - L'omelette de Pâques - La Toussaint - Je joyeux Dict de Noël - Les grandes manœuvres - Reine Avril - La Messe aux merles - 

"Sur le quai extérieur de la gare de Poitiers, François Bonis allait et venait, attendant. 

Au-dessus de lui, la façade de la gare se découpait toute blanche sur le fond de l'avenue où des platanes dressaient vers le ciel leurs branches dépouillées.

Il regarda l'horloge dont l'énorme cadran venait de s'illuminer, et murmura : 

- Vient tard M. Robert! Sacrebleu! suis parti trop tôt.. 

A ce moment, le soleil caché sous les nuages se démasqua, embrasant l'avenue d'une flambée d'or. François Bonis vit les platanes étinceler dans leur livrée automnale, les vitres rougeoyer, les ardoises se moirer de reflets, et l'horizon occidental roula des flots de pourpre. 

- Oh! Oh! ça saigne! Nous arons de l'eau demain. M. Robert n'aura pas beau temps pour son arrivée. 

Il reporta ses regards autour de lui et, du côté de l'entrée de la cour, aperçut son cheval tirant sur la bride contre la palissade:

- Sacrebleu! où donc est ce sacripant de Sionnet? Baptiste!

Un gars de vingt ans, blouse bleue et chapeau à larges bords, sortit à grands pas d'un cabaret voisin. 

- Tonnerre! Baptiste! Fais attention à la jument!

- Elle ne va pas se détacher, patron...

Et, tandis qu'avec des gestes qui saccadaient sa voix, le maitre continuait de gronder, le domestique, se pressant, rejoignit la voiture. 

Le long du mur, Binis reprit sa promenade. Il songeait. 

On allait donc enfin le revoir, ce Parisien, cet artiste, Robert Villon "Monsieur Robert"; jadis "le petit Robert", le fils du colonel Villon, un brave, celui-ci, sous les ordres duquel Bonis avait servi dans le bon temps. Ils étaient jeunes alors; on se battait là-bas, en Algérie. On ne craignait ni Dieu ni diable Ah! cette armée d'Afrique!

Et avec un bref hochement de tête, Bonis se surprit à dire tout haut: 

- On ne verra plus ça. 

Il sourit de s'entendre. puis en lui-même répéta: "Non, on ne verra plus ça."

S'attendrissant maintenant, il revivait par la pensée ce matin de juin si lointain où, dans l'affaire du Petite Kçour, dans le bas de Constantine le caporal Binis avait sauvé la vie au lieutenant Villon. 

Il haussa l'épaule droite, sentant encore le furieux coup de "tangui" qu'il reçut d'un Arabe. Un coup de "tangui", la belle affaire! Le lieutenant était sain et sauf; c'était l'essentiel.

L'insurrection vaincue, Bonis, rétabli et promu sergent, fut maintes fois l'hôle de l'officier. 

Il se revoyait, serré dans sa petite veste de zouave, gagnant délibérément la maison toute blanche et si fraîche où vivait le lieutenant Villon déjà marié, déjà père d'un baby de quatre ans, le petit Robert".

Editions Libraie de Firmin-Didot et Cie (sans date, 1895) -. #Henri de Noussanne, #Nouvelles de Henri de Noussanne,, # reliure cuir, 

Description : livre relié, plats de couverture toilés, dos en cuir en cuir fin avec titrage doré, format 18,5 cm x 12 cm, 277 pages. quelques rousseurs d'acidité sur quelques pages. Ancien livre d'une bibliothèque disparue, avec tampon sur la page de titre et numéro frappé en doré sur le dos de couverture.

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