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Numa Roumestan moeurs parisiennes 1881, L'Evangéliste, Alphonse Daudet, 1924 édition Ne Varietur - société XIXe s.

Numa Roumestan suivi de L'Evangéliste, Alphonse Daudet - Tome 11  des Oeuvres complètes illustrées d'Alphonse Daudet, Edition Ne Varietur - Richement illustré de vingt-cinq hors-texte en noir et sept hors-texte en couleurs d'Yves Alix et François Quelvée.

Numa Roumestan, moeurs parisiennes 1881 -

"Ce dimanche-là, un dimanche de juillet chauffé à blanc, il y avait, à l'occasion du concours régional, une grande fête ce jour aux arènes d'Aps-en-Provrence. Toute la ville était venue. (...) Cinquante mille personnes au moins! disait le Forum dans sa chronique du lendemain; mais on doit tenir compte de l'enflure méridionale. (...) Le grand attrait du concours, c'était Numa Roumestan. (...)

Voilà dix ans que Numa, le grand Numa, le député leader de toutes les droites, est prophète en terre de Provence, dix ans que, pour ce fils illustre, la ville d'Aps a les tendresses, les effusions d'une mère, et d'une mère du Midi, à manifestations, à cris, à caresses gesticulantes. Dès qu'il arrive, en été, après les vacances de la Chambre, dès qu'il apparaît en gare, les ovations commencent: les orphéons sont là, gonflant sous des chœurs héroïques leurs étendard brodés."

L'Evangéliste, roman parisien 1883 -

Grand-Mère. "C'est un retour de cimetière, au jour tombant, dans une petite maison de la rue du Val-de-Grâce. On vient d'enterrer grand'mère; et, la porte poussée, les amis partis, restées seules dans l'étroit logis où le moindre objet leur rappelle l'absente, et qui depuis quelques heures semble agrandi, Mme Ebsen et sa fille sentent mieux toute l'horreur de leur chagrin. Même là-bas, à Montparnasse, quand la terre s'ouvrait et leur prenait tout, elles n'avaient pas aussi vivement qu'à ce coin de croisée, devant ce fauteuil vide, la notion de l'irréparable, l'angoisse de l'éternelle séparation. C'est comme si grand'mère venait de mourir une seconde fois." 

éditions Librairie de France,  1929 - #bourgeoisie XIXe siècle, #littérature XIXe siècle, #écrivain XIXe siècle, 

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Numa Roumestan suivi de L'Evangéliste, Alphonse Daudet - Tome 11  des Oeuvres complètes illustrées d'Alphonse Daudet, Edition Ne Varietur - Richement illustré de vingt-cinq hors-texte en noir et sept hors-texte en couleurs d'Yves Alix et François Quelvée.

Numa Roumestan, moeurs parisiennes 1881 -

"Ce dimanche-là, un dimanche de juillet chauffé à blanc, il y avait, à l'occasion du concours régional, une grande fête ce jour aux arènes d'Aps-en-Provrence. Toute la ville était venue. (...) Cinquante mille personnes au moins! disait le Forum dans sa chronique du lendemain; mais on doit tenir compte de l'enflure méridionale. (...) Le grand attrait du concours, c'était Numa Roumestan. Ah! le proverbe qui dit : "Nul n'est prophète..." est certainement vrai des artistes, des poètes, dont les compatriotes sont toujours les derniers à reconnaître la supériorité, tout irréel en somme et sans effets visibles; mais il ne saurait s'appliquer aux hommes d'Etat, aux célébrités politiques ou industrielles, à ces fortes gloires de rapport qui se monnayent en faveurs, en influences, se reflètent en bénédictions de toutes sortes sur la ville et sur l'habitant. 

Voilà dix ans que Numa, le grand Numa, le député leader de toutes les droites, est prophète en terre de Provence, dix ans que, pour ce fils illustre, la ville d'Aps a les tendresses, les effusions d'une mère, et d'une mère du Midi, à manifestations, à cris, à caresses gesticulantes. Dès qu'il arrive, en été, après les vacances de la Chambre, dès qu'il apparaît en gare, les ovations commencent: les orphéons sont là, gonflant sous des chœurs héroïques leurs étendard brodés; des portefaix, assis sur les marches, attendent que le vieux carrosse de famille, qui vient chercher le leader, ait fait trois tours de roues entre les larges platanes de l'avenue Berchère, alors ils se mettent eux-mêmes aux brancards et traînent le grand homme, au milieu des vivants et des chapeaux levés, jusqu'à la maison Portal où il descend. Cet enthousiasme est tellement passé dans la tradition, dans le cérémonial de l'arrivée, que les chevaux s'arrêtent spontanément, comme à un relai de poste, au coin de la rue où les portefaix ont l'habitude de dételer, et tous les coups de fouet ne leur feraient pas faire un pas de plus. Du premier jour, la ville change d''aspect: ce n'est plus la morne préfecture, aux longues siestes bercées par le cri strident des cigales sur les arbres brûlés du Cours. Même aux heures de soleil, les rues, l'esplanade s'animent et se peuplent de gens affairés, en chapeaux de visite, vêtements de drap noir, tout cris dans la vive lumière, découpant sur les murs blancs l'ombre épileptique de leurs gestes."

L'Evangéliste, roman parisien 1883, Alphonse Daudet  - illustrations de François Quelvée -

Grand-Mère. "C'est un retour de cimetière, au jour tombant, dans une petite maison de la rue du Val-de-Grâce. On vient d'enterrer grand'mère; et, la porte poussée, les amis partis, restées seules dans l'étroit logis où le moindre objet leur rappelle l'absente, et qui depuis quelques heures semble agrandi, Mme Ebsen et sa fille sentent mieux toute l'horreur de leur chagrin. Même là-bas, à Montparnasse, quand la terre s'ouvrait et leur prenait tout, elles n'avaient pas aussi vivement qu'à ce coin de croisée, devant ce fauteuil vide, la notion de l'irréparable, l'angoisse de l'éternelle séparation. C'est comme si grand'mère venait de mourir une seconde fois. 

Mme Ebsen est tombée sur une chaise et n'en bouge plus, affaissée dans son deuil de laine, sans même la force de quitter son châle, son chapeau dont le grand voile de crêpe se hérisse en pointes raides au-dessus de sa bonne large figure toute bouillie de larmes. Et se mouchant bien fort, épongeant ses yeux gonflés, elle énumère à haute voix les vertus de celle qui est partie sa bonté, sa gaieté, son courage, elle y mêle des épisodes de sa propre vie, de celle de sa fille; si bien qu'un étranger admis à ce vocero bourgeois connaîtrait à fond l'histoire de ces trois femmes, saurait que M. Ebsen, un ingénieur de Copenhague, ruiné dans les inventions, est venu à Paris, il y a vingt ans, pour un brevet d'horloge électrique, que ça n'a pas marché comme on voulait, et que l'inventeur est mort, laissant sa femme seule à l'hôtel avec la vieille maman, et si pauvre à ne savoir comment faire ses couches. 

Ah! sans grand'mère, alors, qu'est-ce qu'on serait devenu, sans grand'mère et son vaillant petit crochet, qu'elle accélérait jour et nuit, travaillant des nappes, des jetées de guipure à la main, très peu connues à Paris ce ce temps-là, et que la vieillie danoise allait offrir bravement dans les magasins de petits ouvrages. Ainsi elle avait fait marcher la maison, donner une bonne nourrice à la petite Eline; mais il en a fallu de ces ronds, de ces fines dentelles à perdre les yeux."

éditions Librairie de France, 110 boulevard Saint-Germain Paris 1929 -  #bourgeoisie XIXe siècle, #bourgeois 19e siècle, #ambition politique, #écrivain provençal, #littérature XIXe siècle, #écrivain XIXe siècle, 

Description : livre broché, couverture souple, 266 pages et 244 pages, format 24 cm x 19 cm épaisseur 5 cm.. bon état intérieur, le livre n'a pas été lu et les cahiers n'ont pas été découronnés. La couverture est déchirée, tache sur le quatrième plat de couverture.

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