Catégories

L'araigne, Henri Troyat, 1967 - homme manipulateur, Club de la Femme,

L'araigne, Henri Troyat - roman - Collection Club de la Femme - Précédé de vingt pages illustrées de photographies et d'un entretien ave Henri Troyat -

"Un coup de sonnette le fit tressaillir. Il regarda sa montre : une heure. Ni sa mère ni ses sœurs ne pouvaient être de retour. Des pas se rapprochaient dans le couloir sonore. Gérard Fonsèque se dressa hors de ses couvertures : - Qui est-ce ? - Lequesne. Je vous dérange ? (...) 

- Vous avez fui les réjouissances nuptiales ? demanda Gérard.

- Votre mère m'a appris que vous étiez malade. J'ai tenu à vous rendre visite. Comment vous sentez-vous ? 

- Je vais mieux. Merci. Alors, cette cérémonie ? Assommante, hein ? 

- Mais non, très réussie. 

- C'est bien ce que j'ai voulu dire !

Fonsèque ricanait, frottait l'une contre l'autre ses faibles paumes brûlantes. Il n'avait pas voulu assister au mariage de sa sœur. Avant-hier même, il s'était promené sans manteau, sans chapeau, sous la pluie, dans l'espoir valeureux de prendre froid. A présent, il devait dépasser 39. Mais que n'eût-il supporté pour s'épargner les spectacle de Lucie pénétrant dans l'église, traversant l'église, s'agenouillant près de ce Paul Aurcoc, pâle en gras comme un chat de poubelles?"

éditions Club de la Femme 1967. #frère manipulateur, #Club de la Femme, 

Description : livre relié, couverture cartonnée, 253 pages, format 18,5 cm x 13 cm. bon état.

Lire la suiteShow less
4,50 € TTC
Référence:
45
Aimer0
Ajouter à la comparaison0
Ajouter à la liste de souhaits
Description

L'araigne, Henri Troyat - roman - Collection Club de la Femme

Précédé de vingt pages illustrées de photographies et d'un entretien ave Henri Troyat -

"Un coup de sonnette le fit tressaillir. Il regarda sa montre : une heure. Ni sa mère ni ses sœurs ne pouvaient être de retour. Des pas se rapprochaient dans le couloir sonore. Gérard Fonsèque se dressa hors de ses couvertures : - Qui est-ce ?

- Lequesne. Je vous dérange ? Le battant s'ouvrit sur un grand garçon au visage dur et brun comme un silex et aux lourds yeux de fille. Sa pomme d'Adam pointait net sur un cou irrité par le rasoir. Il portait des souliers vernis. 

Il s'arrêta, interdit, sur le seuil de la chambre, où les volets mi-clos maintenaient une pénombre chaude, fumeuse. Aux murs étaient fixés des rayons bourrés de livres. Des papiers s'étalaient sur la table, autour d'un crâne en plâtre qui servait d'encirer. l'air sentait la transpiration aigre et les médicaments. 

Lesquesne s'avança vers le lit où son ami reposait, barbu, malingre, suant de fièvre. Il serra une main moite. 

- Vous avez fui les réjouissances nuptiales ? demanda Gérard.

- Votre mère m'a appris que vous étiez malade. J'ai tenu à vous rendre visite. Comment vous sentez-vous ? 

- Je vais mieux. Merci. Alors, cette cérémonie ? Assommante, hein ? 

- Mais non, très réussie. 

- C'est bien ce que j'ai voulu dire !

Fonsèque ricanait, frottait l'une contre l'autre ses faibles paumes brûlantes. Il n'avait pas voulu assister au mariage de sa sœur. Avant-hier même, il s'était promené sans manteau, sans chapeau, sous la pluie, dans l'espoir valeureux de prendre froid. A présent, il devait dépasser 39. Mais que n'eût-il supporté pour s'épargner les spectacle de Lucie pénétrant dans l'église, traversant l'église, s'agenouillant près de ce Paul Aurcoc, pâle en gras comme un chat de poubelles? Il grommela : 

- Je hais ces fastes religieux à grand déballage de toilettes, de musiques et de médisances. Le côté pauvrement théâtral de la chose me répugne. C'est la papillote à festons autour du jambon fumé. Donnez-moi des détails. Luce ? 

- Très belle. Radieuse, recueillie. -

- La tradition l'exige !

- Lorsqu'elle est passé au bras de votre oncle.... Lequesne parlait lentement. Il paraissait cherche ses mots ou ne se souvenir qu'à contrecœur de la scène. Gérard l'écoutait avec une attention torturée. Chaque phrase enfonçait plus profondément cette douleur, cette rage sourde qu'il éprouvait depuis quelques semaines. Cependant, il avait soif d'en savoir d'avantage. 

- Beaucoup de monde ? - Oui. Le défilé à la sacristie a été interminable. Aussitôt, Gérard imagina la sacristie étroite, les mariés et leur parentaille alignés contre le mur comme pour essuyer un feu de peloton, l'avance piétinante des invités, les félicitations, les embrassades, Luce et Paul Aucoc s'entre-présentaient leurs amis : "Mon mari.. ma femme." Ils mettaient tout en commun déjà ? Les premiers acquêts du ménage !"

éditions Club de la Femme 1967. #frère manipulateur, #Club de la Femme, 

Description : livre relié, couverture cartonnée, 253 pages, format 18,5 cm x 13 cm. bon état.

Lire la suiteShow less
Détails du produit
45
Avis
Aucun commentaire
16 autres produits dans la même catégorie :
Vous aimerez peut-être aussi

Menu

Créez un compte gratuit pour sauvegarder des articles aimés.

Se connecter

Créez un compte gratuit pour utiliser les listes de souhaits.

Se connecter