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Le têtard, Jacques Lanzmann, 1977 - 2e guerre mondiale,

Le têtard, Jacques Lanzmann - roman - 

"j'avais quinze ans et je ne voulais pas mourir sans avoir fait l'amour et la Résistance, mais c'était bien plus facile de tuer un soldat allemand qu'une obsession sexuelle. 

Il y avait soixante camions et je ne se sais combien de bagnoles à gazogène pleins à ras bord de gars et de matériel. Les camions étaient poussifs, mais les poitrines cognaient si fort et les gorges sous les drapeaux chantaient tellement que les moteurs semblaient marcher à l'enthousiasme. 

En traversant Vieille-Brioude réveillée par l'événement, j'ai aperçu les grands-parents qui se tenaient sur le pas de la porte. Anna et Léon, nés l'un en Lettonie, l'autre en Biélorussie, applaudissaient en Auvergnats cette longue colonne de maquisards motorisés qui transportaient leurs fils et leurs petits-fils, sang pogromisé et chair de victime, vers l'ultime étape de la francisation. 

Moi, je m'étais toujours senti plus français que juif, mais aussi bien plus rouquin que français et juif. J'étais un rouquin-français-juif de parents divorcés-citadins transplanté-analphabète-et-paysan ; un vrai poil de carotte sans vraie famille, mais avec des familiers. Et parmi les plus familiers, il y avait mon frère Claude, ma sœur Evelyne, le René et le Père Tavernier, la Mère Yvonne, le gars Bébette et la sœur de René-Raymond. Dans le temps, il y avait eu ma mère ; dans le présent, il y avait mon père. Mais, comme ils étaient séparés par les sentiments et l'Occupation, ça ne faisait pas une famille."

Editons Le Club pour vous Hachette, 1976 - #seconde guerre mondiale, 

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Description

Le têtard, Jacques Lanzmann - roman - 

"j'avais quinze ans et je ne voulais pas mourir sans avoir fait l'amour et la Résistance, mais c'était bien plus facile de tuer un soldat allemand qu'une obsession sexuelle. 

Il y avait soixante camions et je ne se sais combien de bagnoles à gazogène pleins à ras bord de gars et de matériel. Les camions étaient poussifs, mais les poitrines cognaient si fort et les gorges sous les drapeaux chantaient tellement que les moteurs semblaient marcher à l'enthousiasme. 

En traversant Vieille-Brioude réveillée par l'événement, j'ai aperçu les grands-parents qui se tenaient sur le pas de la porte. Anna et Léon, nés l'un en Lettonie, l'autre en Biélorussie, applaudissaient en Auvergnats cette longue colonne de maquisards motorisés qui transportaient leurs fils et leurs petits-fils, sang pogromisé et chair de victime, vers l'ultime étape de la francisation. 

Moi, je m'étais toujours senti plus français que juif, mais aussi bien plus rouquin que français et juif. J'étais un rouquin-français-juif de parents divorcés-citadins transplanté-analphabète-et-paysan ; un vrai poil de carotte sans vraie famille, mais avec des familiers. Et parmi les plus familiers, il y avait mon frère Claude, ma sœur Evelyne, le René et le Père Tavernier, la Mère Yvonne, le gars Bébette et la sœur de René-Raymond. Dans le temps, il y avait eu ma mère ; dans le présent, il y avait mon père. Mais, comme ils étaient séparés par les sentiments et l'Occupation, ça ne faisait pas une famille."

Editons Le Club pour vous Hachette, 1976

Description : livre relié, couverture cartonnée, 279 pages, format 21,5 cm x 14 cm. bon état.

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